Plusieurs centaines d'enseignants spécialisés dans l'échec scolaire (dits "Rased") ont manifesté mardi matin devant l'Assemblée nationale pour protester contre le projet de budget 2009 de l'enseignement scolaire, dont les députés avaient entrepris l'examen.

Réunis à 10h00, les manifestants ont lâché une nuée de ballons auxquels étaient accrochés des ribambelles d'enfants découpés dans du papier, symboles de ce qu'ils considèrent comme les victimes des suppressions postes prévues par le texte budgétaire.

"Non! Non!", scandaient les professeurs des écoles, en regardant les ballons s'envoler au-dessus des murs d'enceinte de l'Assemblée.

Les députés ont commencé mardi l'examen du budget de l'éducation pour 2009, qui prévoit 13.500 suppressions de postes (sur 800.000 enseignants au total), dont 3.000 de professeurs des écoles intervenant au sein des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (dits "Rased").

Le rassemblement était organisé à l'appel d'associations de maîtres spécialisés et des principaux syndicats des écoles.

"On va laisser des enfants sur le carreau", se désole Cécile Prache, 46 ans. Avec sept de ses collègues, elle est venue d'Amiens pour dénoncer une politique qui aboutira, selon elle, à "la disparition des Rased en trois ans".

Sur son gilet de survie automobile jaune fluorescent, elle a étiqueté les noms des enfants qu'elle ne pourra plus aider si son poste est supprimé : "Andrew, Nicolas, Ahmed".

A la prochaine rentrée, au lieu d'intervenir comme aujourd'hui auprès de petits groupes d'élèves, dans plusieurs écoles d'un même quartier, en plus du maître de la classe ordinaire et pendant le temps scolaire, 3.000 "Rased" (sur 15.000 au total) seront réaffectés, chacun, devant une classe entière.

Les enseignants spécialisés jugent par ailleurs inadéquate l'idée de substituer un soutien scolaire à l'aide fournie par les "Rased".

C'est confondre "les gosses qui ont des difficultés ponctuelles" à apprendre le passé composé, "à ceux qui se roulent par terre lorsque l'enseignant parle du passé composé", explique Loïc Douet, vice-président de la Fnaren, l'une des associations professionnelles ayant appelé à manifester.

Une pétition de soutien avait recueilli plus de 94.000 signatures mardi matin, a ajouté M. Douet, rééducateur à Beynes (Yvelines), qui devait être reçu autour de 13H00 par une délégation de parlementaires.