Manifestation dimanche pour que l'école reste "une priorité" de la Nation

logo_moyen

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont attendus dimanche à Paris pour demander au gouvernement d'investir dans l'éducation à l'heure de la crise au lieu de supprimer des postes, politique qui "va détériorer sur le long terme" le service public d'éducation.

Une "manifestation nationale", à l'appel de 47 organisations, partira vers 13h00 de la place d'Italie, en direction de la Bastille.

"L'inquiétude est réelle. Les récentes annonces budgétaires font craindre le pire dans un climat déjà tendu dans l'Education. Nous assistons à une rupture de fond dans la priorité qu'accordait la Nation à l'Education", estiment les organisateurs.

La mobilisation a lieu peu avant l'examen à l'Assemblée le 4 novembre du budget 2009 de l'Education, qui prévoit 13.500 suppressions de postes, après 11.200 en 2008 et 8.500 en 2007.

Cette politique, qui pourrait se poursuivre au même rythme jusqu'en 2012, "ne voit dans l'Education qu'un moyen d'économiser" et "va détériorer sur le long terme le service public d'Education", jugent les organisateurs.

"Elle porte tous les ingrédients pour que se développe une école à deux vitesses dans une société minée par les inégalités", ajoutent-ils.

La crise économique plaide au contraire, selon eux, pour investir dans l'éducation. "En période de crise, il y a un besoin de l'Etat, car c'est lui qui assure dans la durée les investissements", selon Patrick Gonthier, secrétaire général de la fédération Unsa-Education.

"A l'heure où l'on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l'éducation, c'est hypothéquer lourdement l'avenir. Une politique de rigueur risque d'ajouter la crise à la crise", ajoute Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef.

"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu'il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l'éducation", selon le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

"Ce qui remonte de la province (...) est que nous sommes sur la lancée d'une manifestation réussie", a-t-il commenté mercredi.

La quasi-totalité des syndicats d'enseignants, sauf le Snalc, appellent à manifester, de même que le principal syndicat des chefs d'établissements, les étudiants de l'Unef, les lycéens de l'UNL et la Fidl, les parents d'élèves de la FCPE, plusieurs associations pédagogiques.

Marque d'une volonté d'interpeller l'opinion sur "la place" de l'école, l'appel s'est élargi aux confédérations syndicales CGT et CFDT, ainsi qu'à Solidaires, l'Unsa, la Ligue des droits de l'homme, la Confédération syndicale des familles, le Mrap ou encore Attac.

La pétition en ligne des organisateurs (www.uneecole-votreavenir.org) avait reçu vendredi plus de 28.500 signatures.

Outre le motif général de la mobilisation, d'autres griefs sont avancés comme les déclarations de Xavier Darcos sur l'école maternelle, les projets de mutation de personnels dans le secondaire, des fermetures de petites écoles, la gestion des remplacements, les suppressions de maîtres spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire ("Rased"), la baisse des subventions aux organisations complémentaires de l'école, la précarité des conditions de travail des enseignants ou encore la réforme en cours du lycée.