Les organisateurs de la manifestation de dimanche 19 octobre pour l'éducation demanderont que l'investissement dans l'éducation soit une priorité, à l'heure où des milliards aident à sauver les banques, ont-ils expliqué mercredi lors d'une conférence de presse.

"A l'heure où l'on peut dégager des milliards pour les banques en quelques heures, serrer les cordons de la bourse pour l'éducation, c'est hypothéquer lourdement l'avenir. Une politique de rigueur risque d'ajouter la crise à la crise", a déclaré Jean-Baptiste Prévost, président des étudiants de l'Unef.

"On met 360 milliards sur la table (pour les banques, ndlr), avec des conséquences que tout le monde ignore, ça nous permet tout de même de dire qu'il y a des contradictions, par rapport aux investissements qui ne sont pas faits dans l'éducation", a dit le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

"En période de crise, il y a un besoin de l'Etat, car c'est lui qui assure dans la durée les investissements", a jugé Patrick Gonthier, secrétaire générale de l'Unsa-Education, en estimant que le gouvernement faisait le contraire avec 8.500 suppressions de postes en 2007 dans l'Education, 11.200 en 2008, 13.500 en 2009 et, selon lui, 40.000 de plus entre 2010 et 2012.

"En dépit du discours, le gouvernement maltraite son école et la méprise. Or, quand l'école n'est plus la priorité, qu'est-ce qui l'est?", a-t-il demandé.

Quarante-sept organisations appellent dimanche à une manifestation nationale à Paris pour défendre la place de l'école dans la société.

"Il y a un vrai mécontentement qui se manifeste partout, dans tous les secteurs de l'Education, la manifestation va la rendre visible", a dit M. Aschieri.

"Ce qui remonte de la province (...) est que nous sommes sur la lancée d'une manifestation réussie", a-t-il ajouté, citant, avec d'autres organisateurs, de "bons chiffres" venant du Morbihan, de l'Orne, de Nantes, Poitiers, Lyon ou Tarbes.

"Que des dizaines de personnes vont prendre le train à Tarbes à 3 heures du matin, ça montre quelque chose", a estimé M. Aschieri.

La pétition mise en ligne http://www.uneecole-votreavenir.org par les organisateurs de la manifestation a reçu à ce stade 25.895 signatures, selon le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan.