28 septembre 2008
Suppression de postes dans l'Education Nationale : "il y en aura pour tout le monde"
RASED, MAD, TR, administratifs : Il y en aura pour tout le monde !
et derrière se profilent les EPEP (voir ci-dessous):
"L'Education supprime 13.500 postes, dont 6.000 d'enseignants en primaire
Comme le ministre de l'Education, Xavier Darcos, l'avait annoncé en
juillet, le nombre des non-renouvellements des postes en raison des
départs en retraite sera de 13.500 à la rentrée prochaine, après 11.200
cette année, selon le projet de budget 2009 dévoilé vendredi.
Ces suppressions concernent 6.000 postes d'enseignants dans les écoles
maternelles et élémentaires (primaire) et 7.500 dans les collèges et
lycées (6.500 dans le public, 1.000 dans le privé).
...
Dans l'éducation, la gestion des remplacements (3.350 postes de
remplaçants supprimés) va être "optimisée" et 1.500 enseignants
actuellement "mis à disposition" (par exemple, dans des associations)
réintègreront les classes.
La baisse prévue de 22.000 élèves en collèges et lycées à la rentrée 2009
est invoquée en outre pour justifier 2.300 suppressions de postes, tandis
que 500 seront créés dans le primaire où les écoliers seront 16.000 de
plus.
Le plus gros des suppressions proviendra des postes de stagiaires (4.500
dont 3.000 dans le primaire) et de la réaffectation au sein du primaire de
3.000 maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire (sur 11.000 au
total).
Ces maîtres qui faisaient de l'aide individuelle ou en petits groupes, se
verront affecter une classe.
Concernant les postes administratifs, 500 vont être supprimés (120 dans
l'administration centrale, 380 dans les rectorats et inspections
d'académies).
Mais 500 créations sont prévues pour le personnel des futurs
établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui regrouperont et
géreront chacun plusieurs écoles primaires.
Ces EPEP font l'objet d'une proposition de loi, déposée jeudi par trois
députés UMP, qui pourrait être examinée à partir de janvier au Parlement."
Voilà, c'est dit !
A force de dégraisser le «mammouth», on risque de devoir bientôt s’attaquer à l’os. L’Education nationale est à nouveau cette année la plus durement touchée par les coupes prévues dans le projet de budget 2009 : 13 500 suppressions de postes sur les 30 600 annoncées au total. L’Enseignement supérieur s’en sort nettement mieux. Présenté comme une priorité, il n’est plus épargné par les réductions de postes mais ses moyens continuent d’augmenter.
Soutien.Avec 59 milliards d’euros, le budget de l’Education, de loin le plus important de l’Etat, reste stable. En revanche, le ministère va continuer à «optimiser» ses moyens, doux euphémisme pour dire qu’il réduit ses effectifs. Comme pour les 11 200 suppressions de cette rentrée, il assure toutefois que «l’offre éducative ne sera pas touchée», puisqu’il s’agirait seulement de mieux organiser les choses.
Le détail des économies de postes risque de fâcher les syndicats. Le ministère compte ainsi affecter à des classes «classiques» 3 000 «maîtres spécialisés» : formés à traiter la difficulté scolaire, ils intervenaient jusqu’ici sur plusieurs écoles pour aider des élèves perdus dans certaines matières. Les syndicats vont certainement protester, alors même que le ministre demande aux professeurs des écoles, eux non formés, de faire deux heures de soutien par semaine aux élèves en difficultés. Quelque 3 350 postes de remplaçants vont aussi disparaître - «l’efficacité du dispositif va être améliorée grâce à la nouvelle agence de remplacement», assure-t-on -, ainsi que 4 450 stagiaires. Enfin, 1 500 profs détachés dans diverses associations vont être rapatriés dans des classes. Au titre de la baisse des effectifs attendue dans le secondaire, 2 300 postes seront par ailleurs supprimés. Les créations sont nettement plus rares : 500 sont prévues dans le primaire pour faire face à une hausse des élèves à la rentrée 2009, ainsi que 600 dans les lycées difficiles.
Nouvelles. Dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, la ministre Valérie Pécresse n’a pas pu cette année sauver tous ses postes : 900 seront supprimés, ce qui signifie qu’un départ à la retraite sur six ne sera pas remplacé, bien en dessous de la règle d’un sur deux. Les vacataires sont visés en priorité et les enseignants chercheurs ne seront pas touchés. Les moyens augmentent, eux, de 1,8 milliard d’euros en 2009 : une hausse de 6,5 %, contre 2 % pour le budget global de l’Etat.
Une bonne partie de ces crédits supplémentaires devrait aller à une hausse des rémunérations et à des primes, de bonnes nouvelles que la ministre se réserve d’annoncer dans les prochains jours. Les universités vont aussi profiter de la manne. Enfin, la dépense par étudiant, l’une des plus basses d’Europe, va augmenter de 450 euros, en raison d’un effort sur le logement étudiant et sur le soutien lors des premières années de licence. Il est par ailleurs prévu un triplement du crédit impôt recherche, accordé aux investisseurs qui financent la recherche privée : l’Etat verra ainsi ses revenus fiscaux baisser de 620 millions d’euros en 2009. La recherche publique, elle, bénéficiera de 365 millions d’euros supplémentaires, un déséquilibre qui risque de faire grincer des dents.
